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Grosseto : la folie Camilli

La Série B 2012-2013 a livré son premier verdict à cinq journées de la fin. Le club de Grosseto est relégué en troisième division italienne. Avec 23 petits points en 37 journées, le club présidé par Piero Camilli est condamné à la descente. Passé tout proche d’une montée en Série A en 2009, le club toscan a dégringolé tout en bas du classement, la faute, entre autres, à un président mégalomane ayant géré son club comme un petit jouet, sans réflexion, ni recul ni intelligence.

Piero Camilli est un entrepreneur à succès et a racheté le club de Grosseto en 2000 alors que celui-ci étant en grandes difficultés financières. En sept ans, il va faire passer ce club de la Série D à la Série B (en passant par Série C2 et C1). Il sera même aux portes de la Série A en 2009. À la suite d’un match épique, Grosseto est éliminé par Livourne en demi-finale de playoffs comptants pour l’accession en Série A. Lors du match retour, le club toscan a quatre de ses joueurs expulsés et le match est arrêté un quart d’heure avant la fin, comme le stipule le réglement. À la fin de ce match, comme tout bon président impulsif qui se respecte, à l’instar de Zamparini, Cellino et Preziosi, Camilli annonce qu’il abandonne la présidence du club, puis revient sur cette décision quelques heures plus tard.

Depuis cette accession ratée, le club descend les échelons : 7ème, puis 15ème, puis 14ème et menacé de retrogradation suite au scandale Calcioscommesse, qui lui vaudra finalement six points en moins au début de la saison 2012-2013, puis la descente cette année. Il faut dire que Piero Camilli a une gestion très particulière de son club : à la moindre erreur, l’entraîneur sait qu’il peut être viré. Chaque année, le Grosseto renouvelle la moitié de son effectif et les joueurs n’ont pas le temps de trouver des automatismes qu’ils sont déjà priés d’aller voir ailleurs.

Sa gestion des entraîneurs est particulièrement… incroyable. Depuis sa prise de pouvoir en 2000, Camilli a effectué 26 changements d’entraîneurs ! Pas un entraîneur ayant commencé la saison a pu la terminer. À six reprises, un entraîneur viré en début de saison a été rappelé par la suite, et a donc succédé à son … successeur. Si on prend en considération le nombre d’entraîneurs, en comptant un entraîneur rappelé comme un nouvel entraîneur, le club de Grosseto a vu passer 40 entraîneurs en treize ans. Parmi les plus connus, Massimiliano Allegri, viré deux fois et aujourd’hui à Milan, Stefano Pioli, aujourd’hui à Bologne, et Aurelio Andreazzoli, aujourd’hui à la Roma.

Lors des deux dernières saisons, il y a eu huit changements. Cette année, Francesco Moriero (ancien joueur de la Roma et de l’Inter), viré en tout début de saison, a finalement été rappelé le 11 février 2013, après le passage non concluant de trois autres entraîneurs ! A chaque nouvel entraîneur, un nouveau système tactique, des joueurs propulsés titulaires, d’autres remplaçants, des nouvelles méthodes d’entraînement, etc. Le club de Grosseto est le royaume de l’instabilité et personne ne s’y retrouve. Pas même Piero Camilli qui voit là son oeuvre s’écrouler comme un château de cartes.

Il pourra toujours se consoler avec son poste de maire de la ville de Grosseto car il fait partie de ceux pour qui le football a servi dans une ascension politique personnelle. Le président du Grosseto est un résumé du pire de ce qui se fait en Italie : se servir du football pour une carrière politique, mêler les deux, changer d’entraîneurs comme de chemises et prendre un club de football pour son jouet. Malheureusement pour les supporters du Grosseto qui méritent mieux, c’est un réel bonheur de voir ce club descendre. Cela confirme que les « gestions à la Camilli » envoient les clubs droit dans le mur. Comme Palerme et le Genoa sont également en difficultés en Série A, et si 2013 était l’année du coup de balais dans le foot italien ?

camili



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