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Stjarnan, un buzz et trois ans plus tard

Été 2010. Alors qu’ils recrutent Balotelli, Villa et Ibrahimovic, Manchester City, le Barça et Milan se font doubler au baromètre de l’exposition médiatique par un petit club islandais, méconnu de tous. Le club de Stjarnan, c’est son nom, s’offre un buzz retentissant, d’abord sur le web, avant que le phénomène atteigne la presse écrite et la télévision. Ce club, semi-professionnel et situé à Garðabær, est totalement inconnu du grand public qui, au mieux, peut citer le nom de Knattspyrnufélag Reykjavíkur (KR), plus grand club islandais et régulièrement présent dans les premiers tours de la Ligue des Champions.

Stjarnan se fait remarquer grâce à ses célébrations de buts extraordinaires. La première ? Une spécialité islandaise : la pêche. Viennent ensuite le plongeon, le vélo, Rambo ou encore le bobsleigh. Toutes ces vidéos font le tour du monde et, il faut le dire, cette équipe islandaise devient la mascotte du web pendant plusieurs semaines. On suit leurs résultats, leurs exploits et leurs nouvelles célébrations. Stjarnan voit débarquer des journalistes du monde entier venus faire des reportages sur cette saga amusante. Le courrier et les mails affluent. Les joueurs font oublier en un rien de temps l’Eyjafjöll et son éruption ayant paralysée l’Europe quelques semaines plus tôt.

Une fois le temps du buzz digéré, les semaines passent et les sollicitations se font de plus en plus rares. Les célébrations sont un peu moins créatives, et puis la fin de saison arrive vite. La longue trêve hivernale (de septembre à mai) coupe l’exposition médiatique du club, jusqu’au retour total à l’anonymat d’une quelconque équipe semi-professionnelle islandaise.

Aujourd’hui, près de trois ans plus tard, Stjarnan a retrouvé sa quiétude d’antan. À ceux qui se demandent si toutes ces sollicitations n’ont pas fait perdre la tête aux joueurs, la réponse est éclatante. Ces deux dernières saisons, Stjarnan a obtenu ses deux meilleurs classements en Úrvalsdeild karla : quatrième en 2011 puis cinquième en 2012, et même une finale de Coupe d’Islande la saison dernière, perdue 2-1 contre KR, le géant islandais ; une finale « qu’on aurait dû gagner après notre rapide ouverture du score » explique aujourd’hui Halldór Orri Björnsson, l’inventeur de la première célébration de but.

Si ce buzz international a fait évoluer l’équipe dans le bon sens, il a aussi permis à Stjarnan de se faire connaître dans le monde entier. Le célèbre opérateur téléphonique espagnol a même mis cette petite équipe islandaise au coeur de l’une de ses publicités TV en 2011. Aujourd’hui, les articles sur le club de Garðabær se font rares mais il subsiste quelques fans de l’équipe, notamment au Brésil où les joueurs sont devenus célèbres grâce à plusieurs reportages de la presse nationale. Halldór Orri n’en revient toujours pas : « au Brésil, nous avons de nombreux fans. On ne sait pas pourquoi cela a pris une telle ampleur dans ce pays, peut-être parce qu’ils sont aussi fous de foot que nous. Nous avons tous sur nos profils Facebook de nombreuses requêtes en provenance de ce pays. L’un de nous, Johann Laxdal (le formidable imitateur du poisson) est en contacts réguliers avec cette base de fans et s’est même marié avec une Brésilienne vivant en Islande. »

Le numéro 10 de Stjarnan, roi des coups de pieds arrêtés, se félicite également de l’augmentation progressive de l’affluence au stade. « On peut dire aujourd’hui que nous avons les supporters les plus bruyants du championnat et c’est aussi grâce à ces célébrations.«  Steinþór Freyr Þorsteinsson n’a pas eu la chance de voir cette évolution positive du club. Trois semaines après le début du buzz incroyable, le milieu islandais quittait Stjarnan pour le club suédois d’Örgryte. Aujourd’hui installé à Sandnes, en Norvège, dont le club évolue dans l’élite, il explique que ce buzz ne l’a pas aidé à trouver un club plus huppé : « en fait, j’avais déjà signé un contrat à Örgryte et le match dit de la célébration du pêcheur a été mon dernier sous les couleurs de Stjarnan« .

Les joueurs de la banlieue de Reykjavík ont arrêté leurs célébrations à la fin de la saison 2010 et ont contribué à éteindre le buzz qu’ils avaient lancé sur Youtube. Si certains se sont demandés si cet arrêt n’avait pas été forcé par leurs dirigeants, car elles étaient parfois perçues comme une provocation envers les autres équipes, Halldór Orri Björnsson refuse l’argument et précise que ce sont les joueurs qui n’ont pas souhaité continuer. « En fait, c’est très simple, pondère l’attaquant islandais. Nous ne voulions pas nous forcer à continuer quelque chose, à rechercher sans cesse de nouvelles idées. On l’a fait en 2010 car cela correspondait à un moment d’euphorie dans le groupe. » 

En parlant d’ambiance, Björnsson explique que les joueurs s’entendent toujours tous très bien. Le groupe a peu bougé, club semi-professionnel oblige. Après neuf matches cette saison, Stjarnan est troisième de l’Úrvalsdeild karla, à égalité avec le deuxième Fimleikafélag Hafnarfjarðar (FH), le club islandais du moment (six des neuf derniers titres). En parallèle de leurs matches, les joueurs de Stjarnan continuent leurs métiers : il y a dans cette équipe des ingénieurs, des pêcheurs, des instituteurs et des étudiants. Voilà qui laisse peu de temps pour imaginer de nouvelles célébrations. Mais après tout, Halldór Orri Björnsson le dit lui-même : « on n’est pas à l’abri d’un retour des célébrations » et conclue l’entretien d’un « on ne sait jamais » prometteur.

Stjarnan Islande Célébration

Propos recueillis par Johann Crochet.



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