L’Italie a de la réserve

L’homme qui tombe à pic. Au lendemain du triste parcours de l’Italie à la Coupe du monde 2010, la fédération a nommé le sélectionneur parfait pour effectuer un virage à 180 degrés : Cesare Prandelli. Depuis bientôt trois ans, Prandelli a renouvelé une partie de l’effectif et a fait confiance à de nombreux jeunes, de manière certes sporadique, car le onze titulaire est dur à bouger. Contre le Brésil, le dernier arrivé, Mattia De Sciglio, a fait un match correct, peu aidé par un milieu de terrain positionné trop haut et une charnière centrale peu concentrée. L’arrière milanais n’est certainement pas le dernier joueur qui aura sa chance avec Prandelli car, qu’on se le dise, le réservoir italien est intarissable et le sélectionneur peut faire trois équipes compétitives.

4-3-3, 4-4-2, 3-5-2, 4-3-1-2, Cesare Prandelli n’est pas de ceux qui ne jurent que par un système de jeu et le montre depuis qu’il est à la tête de la Nazionale. Le sélectionneur a utilisé tous ces schémas en moins d’un an, à la recherche du dispositif parfait en vue de la Coupe du monde 2014. S’il a avoué récemment que l’idée du 4-3-3 est séduisante, le manque d’ailiers italiens pourrait lui jouer des tours. D’où cette idée de pouvoir changer de système en plein match, comme il l’a fait contre le Brésil où, après les entrées d’El Shaarawy et Cerci, l’équipe est passée d’un 4-3-1-2 (que j’ai trouvé peu séduisant, la faute au positionnement de Montolivo, sur le côté gauche, qui a laissé des boulevards aux Brésiliens) à un 4-3-3 qui germe au fur et à mesure des semaines dans l’esprit de Prandelli.

Lire la suite de l’article sur « Euro-visions » – d’Eurosport.fr
Article publié le 25 Mars 2013

Le jour où des amateurs ont battu l’Italie

En avril 1994, le club de Pontedera, entraîné par Francesco D’Arrigo, a battu l’Italie de Sacchi lors d’un match de préparation avant la Coupe du Monde 1994 aux USA.

Il manque deux mois et demi avant l’entrée en compétition de l’Italie à la Coupe du Monde 1994. Le premier match se déroulera le 18 juin au Giants Stadium de New York, contre l’Irlande de Jack Charlton. Arrigo Sacchi, sélectionneur italien, organise un stage à Coverciano début avril, pour passer en revue son effectif avant de faire sa liste des joueurs convoqués pour la compétition. Lors du dernier jour de ce stage, Sacchi a organisé un match amical contre une petite équipe toscane : Pontedera. Le club évolue en Série C2 et joue un football primaire avec de longs ballons des défenseurs aux attaquants, une mise en bouche avant d’affronter la Norvège en phase de groupes aux USA.

Pontedera n’est qu’un sparring-partner pour une dernière mise en jambe et régler les derniers détails tactiques. Ce match doit être une simple formalité, entre des amateurs et les meilleurs joueurs italiens du moment. La composition de l’Italie est la suivante : Marchegiani, Panucci, Maldini, Albertini, Costacurta, Baresi, Donadoni, Conte, Signori, R. Baggio, Stroppa. Cette équipe est à peu de choses près l’équipe des titulaires.

Daniele Allori a joué ce match. Il était défenseur dans l’équipe de Pontedera et se souvient de ce match comme s’il s’était déroulé hier : « On jouait avec une défense à 4, un milieu en diamant et deux attaquants. Je me souviens que l’entraîneur m’avait dit que si Baggio échappait au milieu de terrain, c’était à moi de le marquer. J’ai répondu par un rire, et tous mes coéquipiers également. Baggio était d’un tout autre calibre que les joueurs que j’avais l’habitude de marquer en Série C2. »

Le match commence dans la stupeur générale : Pontedera marque deux buts rapidement. Daniele Allori explique qu’il a constaté que les joueurs de la sélection nationale ont commencé le match en prenant le petit club toscan à la légère, mais quand ils se sont rendus compte de leur erreur, ils ont commencé à élever leur niveau de jeu. Allori se souvient que Baresi enchainait les interventions défensives à la limite de la régularité. En deuxième période, mené de deux buts, Sacchi a fait rentrer Casiraghi et Massaro pour refaire son retard. Allori raconte la suite : « les deux étaient énervés et endiablés. Sur un corner, Casiraghi m’a mis un coup de poing et j’ai fini dans le but ! Ils voulaient égaliser par tous les moyens. Massaro a marqué un premier but, puis a tiré sur la barre, le ballon a rebondi devant la ligne et les joueurs italiens réclamaient de façon insistante à l’arbitre, Pierluigi Collina, de valider le but. Ce qu’il n’a pas fait. » L’Italie accélère encore et se doit d’égaliser pour ne pas être ridiculisée par une équipe amateur. Allori poursuit : « L’accord prévoyait de jouer deux mi-temps de quarante minutes. Quand on a atteint la 40ème minute de la seconde mi-temps, Collina n’a pas sifflé la fin du match et il a rajouté dix minutes de plus. Dans les tribunes, il y avait beaucoup de tifosi de la Fiorentina qui hurlaient et demandaient à l’arbitre d’arrêter cette mascarade, car ils supportaient notre petite équipe toscane. Malgré tout cela, l’Italie n’a jamais égalisé et nous avons gagné 2-1. Pontedera a battu l’Italie 2-1. Rendez-vous compte. »

Le lendemain, la Gazzetta dello Sport titre sur sa Une « A la Coupe du Monde avec Pontedera (ndlr : plutôt que l’Italie) » et à l’intérieur « une leçon de la part des amateurs. » Car cette victoire n’a pas été obtenue avec beaucoup de chance mais grâce à une organisation tactique parfaite, et aussi, grâce à une génération douée. Daniele Allori explique que Pontedera était largement au-dessus des autres équipes de la Série C2 et qu’elle était un véritable rouleau compresseur. L’entraîneur de l’époque,Francesco D’Arrigo, était, selon son ancien joueur, en avance sur son temps de vingt ans, dans ses méthodes et dans le jeu déployé.

Suite à cette victoire, les joueurs de Pontedera connaissent leur quart d’heure de gloire. Ils sont invités dans la célèbre émission de foot Domenica Sportiva et sont accueillis dans leur ville comme des héros.  A l’inverse des joueurs italiens, très critiqués par la presse et par les tifosi. A la fin du match, se souvient Allori, seul Giuseppe Signori viendra féliciter les joueurs de Pontedera, tous les autres entrent dans une colère noire. Interviewé à la télévision à la fin du match, Arrigo Sacchi explique que c’est le moment le plus difficile de sa carrière. Et puis, tout s’est (presque) bien terminé. L’Italie a fait une belle Coupe du Monde, s’inclinant en finale aux tirs aux buts contre le Brésil. Et plus personne n’a entendu parler de Pontedera.

Rédigé par Emanuele Giulianelli (son Twitter) pour Tuttocalciatori.net
Traduit de l’Italien par Johann Crochet.

Osvaldo, la « svolta » ?

Il y a des mots que l’on retrouve très souvent dans le jargon footballistique italien. L’un d’entre eux est la svolta. Comprenez, « le tournant ». Chaque semaine, une équipe qui a perdu deux matches consécutifs va jouer « la partita della svolta » : ou bien la situation empire, ou bien le club sort de sa spirale négative. Chaque mini-série négative précède un tournant et les gazettes raffolent de cette expression, souvent de manière exagérée.

Pour Pablo Daniel Osvaldo, plus qu’un match, c’est l’année décisive : ou bien il continue sur sa lancée de début de saison, poursuit avec régularité ses bonnes performances, et règle ses problèmes de comportement, ou bien il ne restera qu’un bon attaquant de Série A, amené à jouer les réservistes en équipe d’Italie. Car il est bien le grand gagnant du début de saison dans la ligne d’attaque de la Nazionale, ayant su profiter de circonstances favorables.

Lire la suite de l’article sur « Euro-visions » – d’Eurosport.fr
Article publié le 15 octobre 2012

Les Azzurrini ont entendu Prandelli

Pendant que les grands se rendent en Arménie vendredi soir, les Espoirs italiens reçoivent les Suédois à Pescara pour le barrage aller d’accès à l’Euro Espoirs 2013, qui se déroulera en Israël. Le vivier italien s’est rarement aussi bien porté, avec plusieurs joueurs titulaires dans des grands clubs de Série A. Une qualification est attendue, histoire de faire oublier une édition 2011 catastrophique, bien loin des habitudes italiennes.

Le paradoxe italien

L’Italie est la nation ayant remporté le plus de fois l’Euro Espoirs, avec cinq titres. Pourtant, elle est l’une de celles ayant le moins fait confiance à ses jeunes ces quinze dernières saisons. Comment expliquer ce paradoxe ? Il y a d’abord la formation italienne qui demeure excellente depuis des années.

Lire la suite de l’article sur « Euro-visions » – d’Eurosport.fr
Article publié le 11 octobre 2012

Simone Farina, l’honnêteté ne paie pas !

De héros du foot moderne à joueur boycotté et sans contrat. Telle est la situation de Simone Farina, banal milieu de terrain italien de 30 ans au courage exemplaire. Celui qui a amorcé une partie de l’enquête dite « Calcioscommesse » conduisant à une nouvelle vague judiciaire, suite aux révélations d’un système de matches truqués bien huilé, se retrouve désormais sans club après son départ de Gubbio. Malgré des soutiens importants, Farina ne reçoit pas de proposition alors qu’il est libre. Pourquoi ? Comment ? Explications.

Un acte normal mais rare

Certaines personnes mal intentionnées en Italie parlent d’un acte normal. Dans les faits, ils ont raison, sauf que l’omerta dans le foot est une réalité bien palpable et que, dans l’histoire du foot italien, peu ont eu le courage d’aller dénoncer des tentatives de corruption, préférant, …

Lire la suite de l’article sur « Euro-visions » – d’Eurosport.fr
Article publié le 12 septembre 2012