FC Santa Claus, quand le Père Noël fait faillite !

A Rovaniemi, on n’a d’yeux que pour le Père Noël. Cette ville finlandaise, située dans le nord du pays, vit même essentiellement du tourisme lié à la présence du Père Noël dans la région. Souvent basé au Santa Claus Village, au nord de Rovaniemi, le vieux barbu accueille chaque année des dizaines de milliers de touristes et reçoit encore plus de lettres que de visites. Concentré sur son travail qu’il prend très à coeur, le Père Noël n’en oublie pas ses loisirs, au premier rang desquels, le football. Personnage historique dans le monde, homme le plus connu sur terre, l’homme aux cadeaux n’en est pas moins un grand fan de foot. Mais il a une particularité : il « possède » sa propre équipe de football.

Basé à Rovaniemi, le FC Santa Claus est une équipe de football normale, si ce n’est que son image est accolée à celle du Père Noël. Il sort parfois de son confortable chalet pour venir donner un coup d’envoi, et profite même de la présence de joueurs dans son « équipe » de lutins à La Poste du Père Noël pour leur glisser quelques conseils tactiques. Née en 1992 de l’union de deux clubs de la plus grande ville du Nord de la Finlande, le FC Santa Claus est une équipe presque normale, ayant connu les joies et les malheurs des équipes classiques.

Ainsi, en 2010, le FC Santa Claus gagne sa première promotion en Ykkönen, deuxième division du pays, équivalent de la Ligue 2 française. C’est un exploit pour ce petit club qui survit dans l’ombre du grand club de Rovaniemi, le RoPS. Malheureusement, cette première expérience se solde par une relégation immédiate en Kakkonen (D3). La saison suivante est celle de la galère : le club parvient à se maintenir in extremis dans une division où les écarts de niveau sont importants. Divisée en quatre groupes (quatre points cardinaux), ce niveau voit s’affronter des équipes qui ne perdront qu’un match dans la saison, et d’autres largement battues chaque semaine, comme le LoPa, club de Lohja, qui terminera la saison avec un petit point seulement et une différence de buts de -151 !

Le FC Santa Claus se pense sauvé sportivement, mais c’est économiquement que le club souffre. Avec une dette évaluée à environ 25000€ auprès d’entreprises locales, le club est épinglé par la fédération finlandaise de football. Le club décide alors de se mettre en faillite et de renaître sous un nom légèrement différent : de FC Santa Claus Rovaniemi à FC Santa Claus Arctic Circle. Problème, la fédération comprend le petit jeu du club et explique que ce changement de nom ne permet pas de rayer l’ardoise du club. Les instances sportives du pays annoncent au FC Santa Claus « nouvelle version » qu’il récupère automatiquement les dettes de « l’ancien club ». Le club ne pouvant payer ces 25000€, il est relégué à l’échelon inférieur, en Kolmonen, un championnat joué de fin avril à fin septembre, conditions climatiques obligent, dans une région où il n’est pas rare d’avoir des -30 degrés l’hiver, et des températures négatives les mauvais jours d’été.

C’est ainsi que le club du Père Noël s’apprête à débuter sa nouvelle saison en quatrième division finlandaise, deux ans après avoir évolué deux échelons plus haut. Il reçoit ce mercredi Kontiotuote, un tout petit club situé non loin de la frontière suédoise. Bien reposé après quelques mois de repos, qui faisaient suite à son tour du monde du 31 décembre, le Père Noël a promis de venir garnir les gradins du stade de Rovaniemi pour encourager les siens, en espérant que le FC Santa Claus Arctic Circle lui fasse, à son tour,n un beau cadeau à la fin de la saison, synonyme de montée en D3.

 

Le jour où Johan Cruyff a joué avec l’AC Milan

Jeudi 25 avril, Johan Cruyff fêtait son soixante-sixième anniversaire. Du joueur classe, créatif et redoutable avec l’Ajax à l’entraîneur révolutionnaire du Barça, l’ancien attaquant néerlandais a marqué l’histoire du football. Parmi les épisodes les moins connus de sa carrière de football, son passage très court à l’AC Milan.

En plein mois de juin 1981, Silvio Berlusconi, homme d’affaires qui monte, et pas encore président du club milanais, décide d’organiser le Mundialito per club à Milan en conviant quelques équipes parmi celles ayant remporté au moins une Coupe Intercontinentale. L’idée de Silvio Berlusconi est d’organiser un tournoi de légende afin de promouvoir la chaîne de télévision Canale 5 qui lui appartient. Entre le 16 et le 28 juin, cinq équipes se rencontrent lors d’un mini tournoi : l’AC Milan, l’Inter, Santos, Feyenoord et le Peñarol.

A cette époque, Johan Cruyff sort de deux saisons aux Etats-Unis (plus un passage raté à Levante) dans la très lucrative North American Soccer League. Milan propose alors au néerlandais de participer à ce tournoi amical sans aucune promesse de recrutement, même si, en cas de bonnes prestations, le club italien est prêt à offrir un contrat à l’hollandais volant. Cruyff est reçu en grande pompe en Italie et pose rapidement avec le maillot du club aux côtés de la légende milanaise, Gianni Rivera, alors vice-président du club. L’onde de choc médiatique est évidemment importante et cette présentation ressemble à celle suivant un transfert record. Pourtant, rien n’est signé et le Néerlandais ne vient officiellement que pour un essai, dans une équipe qui remonte en Série A après la relégation liée au scandale du Totonero.

Cruyff est titularisé lors du premier match du Mundialito 1981 contre le Feyenoord Rotterdam. C’est presque un derby pour Cruyff, lui le fidèle de l’Ajax. L’attaquant néerlandais passe à côté de son match, touche peu de ballons, n’est pas dangereux et surtout montre que sa condition physique – il revient en plus d’une opération aux adducteurs – est, à 34 ans, particulièrement précaire. Remplacé dès la mi-temps, Cruyff quitte Milan et l’Italie dans la foulée après sa prestation délicate.

Le lendemain, le Guerin Sportivo publie son compte-rendu du match et se désole de la prestation de Johan Cruyff. Stefano Germano intitule même sa chronique « les dieux s’en vont » et explique sur deux colonnes combien il est désolé de la prestation de l’attaquant néerlandais, jugée terne et même pathétique.

« Les dieux aussi finissent par s’en aller. Le temps du déclin arrive même pour les ‘fuoriclasse’. C’est encore plus douloureux quand on se souvient de leurs belles années, où leur intelligence tactique, leur jeu et leur façon d’être en faisaient des exemples. […] Dans le passé, ton nom (ndlr : il s’adresse à Johan Cruyff) était gravé en lettres d’or et il le restera probablement dans le futur. Mais il ne l’est plus aujourd’hui : le présent ne respecte rien ni personne, pas même les dieux. » Guerin Sportivo du 17 juin 1981.

Cruyff retournera finalement à l’Ajax avant de terminer sa carrière chez les rivaux du Feyenoord Rotterdam, lors de la saison 1983-1984. L’attaquant néerlandais n’aura joué que quarante-cinq minutes avec l’AC Milan.

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Caprari, le ramasseur de balle tifoso

L’espace d’une semaine, Gianluca Caprari a été plus célèbre à Rome que Francesco Totti lui-même. Pas une mince affaire quand on connaît la popularité d’Il Capitano dans la ville éternelle. Pas simple lorsque l’on est qu’un ramasseur de balle et que l’on évolue dans les équipes de jeune de la Roma. Et pourtant, du haut de ses quatorze ans, Caprari avait tiré la couverture médiatique sur lui et s’était collé aux basques le très énergique Mauro Zamparini, président de Palerme.

Lieu du crime : Stadio Olimpico de Rome. Date : 26 janvier 2008. Heure : peu avant 21h45. Alors à égalité 0-0 pour ce match de la 20ème journée de Série A, la Roma pousse sur le but dePalerme et obtient un corner. C’est à cet instant que Gianluca Caprari entre en scène. Alorsramasseur de balle, il « outrepasse » ses fonctions en allant poser rapidement un nouveau ballon sur le point de corner pendant que la défense de Palerme se replace. Rodrigo Taddei sent le coup, frappe le corner, et la détente d’Amantino Mancini fait le reste au milieu de quatre joueurs siciliens, plus le gardien sorti à la pêche.

Ce but, le seul du match, a provoqué la colère de Zamparini qui a, une fois le coup de sifflet final sifflé, décidé de faire appel du résultat devant la commission de la Lega Calcio, arguant que leramasseur de balle n’avait pas le droit de passer par-dessus les panneaux publicitaires pour poser le ballon sur le point de corner. Argument, certes valable, mais qui fait fi de la mauvaise défense de ses joueurs (5 contre 1) et de la non-intervention de l’arbitre du match. Pendant plusieurs jours, Caprari s’est ainsi retrouvé à la Une de toutes les gazettes sportives avant que l’affaire soit enterrée par la Ligue, mais pas par les supporters romains qui gardent une affection particulière pour ce joueur, ayant même eu droit à une banderole dans les tribunes le match suivant.

Un peu plus de cinq ans plus tard, Gianluca Caprari a bien grandi. Après avoir terminé ses classes dans les équipes de jeunes de la Roma, l’ailier italien a brillé avec la Primavera et a fait quelques apparitions avec le groupe professionnel, à l’entraînement mais aussi en matchs avec quelques apparitions, la plupart du temps en fin de match. La saison passée, il a été prêté à Pescara en Série B, fin janvier et a mûri avec Zdenek Zeman, maître quand il s’agit de faire progresser des jeunes. Le club des Abruzzes a exercé son option d’achat pour la copropriété du joueur l’été dernier. S’il ne joue pas autant qu’espéré, il a réussi à inscrire deux buts et est l’un des joueurs offensifs les moins décevants avec Weiss et Celik.

Aujourd’hui, la Roma recevait Pescara. Titulaire sur l’aile gauche du club promu, Caprari a joué un bien mauvais tour au club où il a tout appris. Profitant d’un ballon mal maîtrisé par Stekelenburg, il a marqué un but synonyme de partage des points, ce qui ne fait pas l’affaire de la Roma, en pleine lutte pour les places européennes. Tifoso de ce club, Caprari n’a pas célébré son but et a même reçu des applaudissements du Stadio Olimpico à sa sortie. Les mêmes applaudissements reçus un soir de janvier 2008 alors qu’il n’était qu’un simple ramasseur de balles de 14 ans…

Un joueur et un entraîneur virés à la suite d’affaires d’argent

En l’espace de 24 heures, deux affaires d’argent ont secoué le monde du football en Croatie et au Danemark. A Zagreb, l’ancien joueur Jozo Gaspar a été licencié de son poste d’entraîneur du NK Precko Zagreb en réponse à une affaire d’argent peu glorieuse, pour l’ancien gloire du Dinamo (plus de 400 matchs joués). Gaspar a en effet volé la carte bleue d’un joueur dans le vestiaire à l’occasion d’un entraînement, et s’est rendu dans un supermarché pour acheter 36 litres de Jägermeister. Montant du préjudice : 100€. L’entraîneur croate avait essayé d’acheter une plus grande quantité de cette liqueur mais il a été bloqué par le plafond sur la carte bancaire. Après une plainte du joueur de Precko, la police a récupéré les bandes vidéo du magasin et a aussitôt découvert l’identité du voleur.

Hier, au Danemark, Silkeborg a annoncé publiquement les raisons du départ de son joueur Christopher Poulsen. Mardi, le club avait annoncé une résiliation à l’amiable avant d’avouer la vérité : le défenseur danois a été licencié pour faute grave. La raison ? Poulsen a tenté d’obtenir un prêt de 100 000€ auprès d’un établissement bancaire en falsifiant les signatures des dirigeants de Silkeborg. Selon les premières infos, ce prêt aurait servi à la réalisation d’un projet éolien. Viré par son club, Poulsen a refusé l’aide de Silkeborg qui souhaitait mettre des avocats à sa disposition. La police est en attente du document manuscrit de la banque avec les fausses signatures et agira en conséquences. Le joueur danois risque entre deux et six ans de prison. Ses coéquipiers se disent autant choqués par l’acte de Poulsen que par son renvoi alors que le club est en pleine bataille pour éviter la relégation à six journées de la fin de la Superligaen. Défenseur talentueux, Christopher Poulsen espère rebondir rapidement malgré une réputation forcément en berne.

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Grosseto : la folie Camilli

La Série B 2012-2013 a livré son premier verdict à cinq journées de la fin. Le club de Grosseto est relégué en troisième division italienne. Avec 23 petits points en 37 journées, le club présidé par Piero Camilli est condamné à la descente. Passé tout proche d’une montée en Série A en 2009, le club toscan a dégringolé tout en bas du classement, la faute, entre autres, à un président mégalomane ayant géré son club comme un petit jouet, sans réflexion, ni recul ni intelligence.

Piero Camilli est un entrepreneur à succès et a racheté le club de Grosseto en 2000 alors que celui-ci étant en grandes difficultés financières. En sept ans, il va faire passer ce club de la Série D à la Série B (en passant par Série C2 et C1). Il sera même aux portes de la Série A en 2009. À la suite d’un match épique, Grosseto est éliminé par Livourne en demi-finale de playoffs comptants pour l’accession en Série A. Lors du match retour, le club toscan a quatre de ses joueurs expulsés et le match est arrêté un quart d’heure avant la fin, comme le stipule le réglement. À la fin de ce match, comme tout bon président impulsif qui se respecte, à l’instar de Zamparini, Cellino et Preziosi, Camilli annonce qu’il abandonne la présidence du club, puis revient sur cette décision quelques heures plus tard.

Depuis cette accession ratée, le club descend les échelons : 7ème, puis 15ème, puis 14ème et menacé de retrogradation suite au scandale Calcioscommesse, qui lui vaudra finalement six points en moins au début de la saison 2012-2013, puis la descente cette année. Il faut dire que Piero Camilli a une gestion très particulière de son club : à la moindre erreur, l’entraîneur sait qu’il peut être viré. Chaque année, le Grosseto renouvelle la moitié de son effectif et les joueurs n’ont pas le temps de trouver des automatismes qu’ils sont déjà priés d’aller voir ailleurs.

Sa gestion des entraîneurs est particulièrement… incroyable. Depuis sa prise de pouvoir en 2000, Camilli a effectué 26 changements d’entraîneurs ! Pas un entraîneur ayant commencé la saison a pu la terminer. À six reprises, un entraîneur viré en début de saison a été rappelé par la suite, et a donc succédé à son … successeur. Si on prend en considération le nombre d’entraîneurs, en comptant un entraîneur rappelé comme un nouvel entraîneur, le club de Grosseto a vu passer 40 entraîneurs en treize ans. Parmi les plus connus, Massimiliano Allegri, viré deux fois et aujourd’hui à Milan, Stefano Pioli, aujourd’hui à Bologne, et Aurelio Andreazzoli, aujourd’hui à la Roma.

Lors des deux dernières saisons, il y a eu huit changements. Cette année, Francesco Moriero (ancien joueur de la Roma et de l’Inter), viré en tout début de saison, a finalement été rappelé le 11 février 2013, après le passage non concluant de trois autres entraîneurs ! A chaque nouvel entraîneur, un nouveau système tactique, des joueurs propulsés titulaires, d’autres remplaçants, des nouvelles méthodes d’entraînement, etc. Le club de Grosseto est le royaume de l’instabilité et personne ne s’y retrouve. Pas même Piero Camilli qui voit là son oeuvre s’écrouler comme un château de cartes.

Il pourra toujours se consoler avec son poste de maire de la ville de Grosseto car il fait partie de ceux pour qui le football a servi dans une ascension politique personnelle. Le président du Grosseto est un résumé du pire de ce qui se fait en Italie : se servir du football pour une carrière politique, mêler les deux, changer d’entraîneurs comme de chemises et prendre un club de football pour son jouet. Malheureusement pour les supporters du Grosseto qui méritent mieux, c’est un réel bonheur de voir ce club descendre. Cela confirme que les « gestions à la Camilli » envoient les clubs droit dans le mur. Comme Palerme et le Genoa sont également en difficultés en Série A, et si 2013 était l’année du coup de balais dans le foot italien ?

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